Louis Amédée Mante
(1826 - 1913)

Voilà un singulier personnage
qui a habité, au 5 av. Jobert,
cette modeste maison de 1898 à sa mort en 1913.



Louis-Amédée Mante dans sa maison, à Seine-Port

Bien que fils d'un maquignon, il fut irrésistiblement attiré par la musique dès son plus jeune âge. Il aurait voulu être violoniste mais lorsqu'il put réaliser sa passion, il était trop tard, aussi dut-il se rabattre sur la contrebasse. Sorti premier prix du conservatoire, il entra en 1848 à l'Opéra où il restera jusqu'en 1895, participant à tous les grands succès de ce glorieux théâtre. Lorsqu'alors il interprétait les opéras célèbres de Gounod ou de Paladilhe, il ne se doutait pas que lui aussi viendrait à Seine-Port et y retrouverait leur souvenir. Ses filles furent également des fidèles du Palais-Garnier où elles étaient devenues danseuses étoiles. Curnonsky les avait spirituellement baptisées "Mante les jolies". Si jolies que Degas les choisit comme modèles pour ses danseuses.

Mais la singularité de Mante, ce n'est point sa vie à l'Opéra, c'est la photographie qui, si j'ose dire pour un contrebassiste, était son violon d'Ingres. Il avait vu la naissance de la photographie et s'était tout de suite passionné pour ce nouvel art. En 1842, à seize ans, il réussit à fixer sur papier ses premières épreuves. Il s'associa un temps avec Daguerre. Dans son laboratoire à Montmartre, il enseigna l'art de la photographie, et parmi ses élèves Antoine Lumière. En 1856, le célèbre Niepce faisait de lui cet éloge : "Quelques mois après la première communication que je fis à l'Académie des Sciences, un artiste dont je suis heureux de citer le nom, M. Mante, obtint le premier des résultats remarquables. Je veux parler des belles épreuves de gravure héliographique sur acier formant partie de l'ouvrage publié sous le titre d'Iconographie géologique".

Il réalisera de nombreux portraits mais aussi un reportage sur l'incendie à l'Opéra en 1873 et des photographies en couleur vers 1895.

A cette date, il réalise artisanalement les premiers Autochromes avant même la présentation officielle de ce système par l'inventeur lyonnais Louis Lumière, ce qui constitue une énigme historique. Il est généralement admis aujourd'hui que ses œuvres sont des photos en noir et blanc, coloriées après coup et rephotographiées avec le système autochrome, donc plus ou moins des "faux". Mais si cela n'était pas ?? Ce ne seraient donc pas les frères Lumière....


Les sœurs "Mante les Jolies"
Suzanne, Louise, Blanche

La Famille Mante (1884) par Degas
par Jacqueline Millet, née Singer
son arrière-petite fille.



Louis-Amédée Mante
© Famille Mante

Louise Mante
(Reutlinger 1896)
© Famille Mante

Louise Mante
(Reutlinger 1896)
© Famille Mante


Louise Mante
(Nadar, 1896)

Suzanne Mante par son père.
1886
© Famille Mante


Les sœurs Mante, peinte par Degas