François-Joseph Bosio
(1769 - 1845)

C'est le 19 mars 1768 que naît, à Monaco, François-Joseph Bosio, dans une famille d'artistes. Il a un frère aîné Jean-François, né le 17 juin 1764, qui deviendra peintre et sera élève de David. Le prince Honoré III, découvrant quelques talents chez François-Joseph, l'emmène à Paris en 1786 et le fait entrer dans l'atelier de Pajou (1730 - 1809), le portraitiste attitré de madame du Barry, l'auteur du décor sculpté de l'Opéra de Versailles. Mais, d'après M-L Blumer, le jeune artiste ne s'entend pas avec le maître; ils se brouillent et François-Joseph rentre à Monaco. Vers 1790 il part en Italie où il fait une étude assidue de l'antique pendant 17 ans et exécute un grand nombre de travaux pour diverses églises.
Fin 1807 début 1808, Bosio vient s'établir à Paris et rencontre Vivant Denon, directeur du musée Napoléon, qui lui commande vingt bas-reliefs pour la colonne de la place Vendôme. Il le présente aussi à l'impératrice Joséphine qui lui demande de faire son buste puis celui de l'empereur; et au Salon de 1810 Bosio présente le buste de Napoléon auprès de ceux de l'impératrice, de la reine Hortense, de la princesse Pauline, du prince de Bénévent, de la duchesse de Rovigo et des statues du roi et de la reine de Westphalie. Il y présente aussi un groupe l'Amour séduisant l'Innocence qui fait concurrence à la statue de marbre l'Innocence présentée au même Salon par Callamard et qui est aujourd'hui au Louvre. Au Salon de 1812, il présente la statue du roi de Rome et celle d'Aristée, exécutée pour le Louvre; Pierre Larousse commente cette statue : "Aristée, entièrement nu, est debout; il s'appuie du bras gauche à un tronc d'arbre que recouvre en partie une peau d'agneau, et, dans sa main droite abaissée, il tient un long pedum (bâton de berger), qui descend jusqu'à la plinthe. Cette figure est remarquable par la simplicité et le naturel de la pose; le visage, d'une grande douceur, est empreint d'une expression mélancolique qui rappelle la douleur qu'éprouve le berger après la mort de ses abeilles."
En 1814, Bosio se rallie à la monarchie et présente au Salon un buste de Louis XVIII. Le 21 mars 1816, il est nommé membre de l'Institut et occupe le 7° fauteuil de la section Sculpture de l'Académie des beaux-arts créée le jour même. L'année suivante il est nommé professeur à l'Ecole des beaux-arts où il a pour élève son neveu Astyanax-Scévola, le fils de son frère Jean-François. Il formera ainsi 24 des plus grands sculpteurs de son époque (beaucoup auront le prix de Rome) dont : Brian, Barye, Calmels, Chardigny, les frères Dantan, Desprez, Duret, Jacquot, Lemaire qui lui succédera à l'Académie le 13 septembre 1845, Marochetti qui mourra à Passy en 1868, Raggi et Wyatt. Plus tard son neveu fera le buste de François-Joseph, une de ses meilleures oeuvres, aujourd'hui au palais de l'Institut.
En 1821 il est fait chevalier de Saint-Michel et est nommé premier sculpteur du roi. Parmi ses œuvres de l'époque citons la statue équestre de Louis XIV qui est érigée sur la place des Victoires en 1824. Le ministre de l'Intérieur lui ayant commandé, pour la ville de Pau, une statue de Henri IV enfant, il réalise l'un de ses principaux chefs d'œuvre; d'abord présenté en plâtre au Salon de 1822 (hauteur 1,25 m), il en fera plusieurs répétitions en marbre et en bronze. Devant le succès de cette statue, le roi lui en commande une en argent massif qui est coulée par Charles Nicolas Odiot et ciselée par François Claude Ferdinand Soyer, on peut l'admirer aujourd'hui au Louvre. Citons aussi Hercule combattant Acheloüs métamorphosé en serpent, qui orne maintenant les jardins des Tuilleries, et la statue de Louis XVI destinée à la chapelle expiatoire de Paris qui lui vaudra d'être nommé officier de la Légion d'honneur en 1825. Il réalise aussi quatre statues : la Loi, la Force, la Prudence et la Vigilance, qui seront adossées à la colonne sculptée en tige de palmier servant de fontaine à la place du Châtelet créée en 1806. Enfin on lui commande une sculpture pour l'Arc de triomphe du Carrousel; rappelons qu'au sommet de cet arc, construit en 1808, les chevaux de Saint-Marc y avaient été scellés après avoir été transportés triomphalement de Venise mais qu'il avait fallu les restituer après la défaite de Waterloo. Ce quadrige de bronze intitulé la Paix conduite sur un char de triomphe est installé en 1828. A l'occasion de l'inauguration, Bosio reçoit le titre de baron. Il réalise encore de nombreuses sculptures dont celle de la nymphe Salmacis; à cette occasion G. Planche écrit : "Quoique la Salmacis soit très loin de mériter les éloges dont on la comble, elle révèle chez M. Bosio un désir sincère de lutter avec la nature. Cet ouvrage est d'une réalité mesquine, d'un caractère grêle et chétif; mais il a fallu, pour obtenir ce résultat sinon un grand talent, du moins une rare patience, une attention soutenue; il est évident que M. Bosio a donné, dans ce morceau, la mesure complète de ses facultés." Chacun appréciera! Enfin, en 1838, le ministre Monlivet commande à Bosio une statue de Napoléon de 4 mètres de haut pour orner la colonne de la Grande Armée à Boulogne-sur-Mer; cette statue, représentant l'empereur en tenue de sacre brandissant dans sa main gauche un sceptre à l'Aigle, sera exposée sur les bords de la Seine jusqu'au retour des "Cendres" puis envoyée à Boulogne pour être inaugurée le 15 août 1841.
Le baron François-Joseph Bosio travaillera jusqu'à sa mort, à Paris dans la nuit du 28 au 29 juillet 1845, sans pouvoir achever toutes ses commandes, notamment quatre trophées pour les piles du pont des Invalides qui ne seront exécutés, d'après ses modèles, qu'en 1862. La Ville de Paris lui rendra un dernier hommage en donnant en 1886 son nom à une rue ouverte en 1882 à Auteuil entre la rue Poussin et la rue Pierre Guérin.

Aristaeux, Dieu des jardins

Henri IV enfant

Louis XIV

Charles X


Jeu de cartes

Scène familiale

Le volant

Les quatre coins

Hyacint blessé

Hercule

Jeune indienne

Quadrige du Carrousel


La nymphe salmacis

La nymphe salmacis sortant du baim

La Colonne de la Grande Armée

La plus haute Colonne de France(54 m), située sur les hauteurs du vallon où l'empereur remit solennellement la Légion d'honneur le 16 août 1804, immortalise le Camp de Boulogne qui fut une réelle menace pour l'Angleterre de 1803 à 1805. De style corinthien, en marbre du Boulonnais, elle ne fut achevée qu'en 1841, sous Louis-Philippe.
La colonne compte 263 marches et le parc est accessible aux personnes à mobilité réduite.